Voix d'Orl #3 - Intelligence artificielle en ORL
Invités
Dr Marine VELEUR
Dr Jean-Marc JUVANON
Résumé et notes de l'épisode
Dans ce cinquième épisode, les Dr Marine Veleur et Jean-Marc Juvanon (ORL, Hôpital de Fontainebleau) discutent de la révolution de l'intelligence artificielle (IA) et de ses implications concrètes en oto-rhino-laryngologie. Leur conversation aborde à la fois les usages personnels et professionnels, la fiabilité des modèles, les enjeux éthiques et la transformation du quotidien médical.
Thèmes principaux abordés :
- Les agents conversationnels intelligents (ACI) : ChatGPT, Claude, Gemini, Perplexity, Mistral… comparaison de leurs forces et limites (fiabilité, sources, traduction, dialogue).
- L'utilisation clinique de l'IA : aide au diagnostic, recherche bibliographique, traduction d'articles, synthèse de dossiers médicaux et génération automatique de comptes rendus.
- Fiabilité et risques : constat de 30 % de réponses erronées en moyenne, rappelant l'importance de la vérification et de la confidentialité des données médicales.
- Éthique et sécurité : anonymisation obligatoire, impact énergétique majeur et nécessité d'un hébergement souverain des données (IA françaises, serveurs conformes au RGPD).
Applications concrètes en ORL :
- Pré-consultation via chatbots pour le tri des patients et la préparation des scores cliniques (THI, DHI, etc.).
- Assistants de consultation (ex. : Nabla Copilote, Doctolib IA) pour la transcription et la structuration automatique des comptes rendus.
- Aides à l'analyse des polysomnographies, des dysphonies (GRBAS) et autres examens chronophages.
- Détection d'urgences, tri automatisé et réduction de la charge administrative.
Vision prospective : l'IA ne remplacera pas le médecin mais deviendra un assistant intelligent augmentant la productivité, la qualité de soin et l'accessibilité médicale.
Réflexion éthique et écologique : nécessité de modèles souverains, peu énergivores et validés scientifiquement, parfaitement adaptés aux besoins des praticiens français.
L'épisode se conclut sur une note optimiste : la jeune génération médicale voit dans l'IA une alliée, non une menace, à condition qu'elle soit utilisée avec discernement, rigueur et humanité.
📝 Transcription de l'épisode
Voix d'ORL, un podcast vivason, aujourd'hui avec les docteurs Marine Völler et Jean-Marc Juvanon qui vont nous parler de l'intelligence artificielle en ORL.
Dr. Marine VELEUR
Bonjour Jean-Marc.
Dr Jean-Marc JUVANON
Bonjour Marine.
Dr. Marine VELEUR
Aujourd'hui on est réunis pour faire un podcast sur l'intelligence artificielle en ORL. Je me présente, je suis Marine Völler, je suis ORL à l'hôpital de Fontainebleau et nous sommes collègues et amenés à en discuter régulièrement et longuement au quotidien.
Dr Jean-Marc JUVANON
C'est ça. Donc moi, je suis Jean-Marc Juvenon, ORL, donc également à l'hôpital de Fontainebleau. Et oui, on travaille là-dessus, on l'utilise, en tout cas moi, j'utilise quotidiennement. Et donc, on va surtout parler de ça pendant tout ce podcast.
Dr. Marine VELEUR
Effectivement. Est-ce que déjà, en quelques mots, tu peux nous expliquer un petit peu ce que c'est que l'intelligence artificielle ?
Dr Jean-Marc JUVANON
Alors l'intelligence artificielle globalement non parce que c'est beaucoup trop vaste mais ce qu'il y a de vraiment je trouve de révolutionnaire depuis à peu près deux ans et demi c'est qu'on a ces agents conversationnels intelligents qui sont une branche de l'intelligence artificielle et qui nous permettent finalement de dialoguer avec une machine, avec notre langage naturel et ça nous répond dans notre langage naturel. Et d'ailleurs, ce n'est pas seulement en français, c'est en anglais, en des dizaines et des dizaines de langues. Et pour moi, c'est une vraie révolution, puisque, un peu comme dans le film de Milan, l'Odyssée de l'espace, on a vraiment l'impression qu'on converse avec quelqu'un qui ressemble à un humain, pratiquement.
Dr. Marine VELEUR
Toi, en pratique, au quotidien, tu l'utilises dans ta profession ou tu l'utilises juste de manière récréative ?
Dr Jean-Marc JUVANON
Les deux. Les deux. Alors c'est vrai que, comme beaucoup de gens, j'interroge sur tout un tas de sujets récréatifs, en tout cas généraux, ça répond à peu près à tout ce qu'on veut. On peut lui demander si Dieu existe, on peut lui demander qu'est-ce qu'il pense, je ne sais pas moi, du conflit entre l'Ukraine et la Russie, etc. Ça va répondre absolument sur tout, parce que c'est un corpus extrêmement vaste. Mais en tout cas ce qui nous intéresse c'est en médecine et notamment en otorhinolaryngologie. Les connaissances sont également extrêmement vastes. Et donc, je l'utilise, oui, dans ma pratique quotidienne. Et on va voir des cas précis.
Dr. Marine VELEUR
D'accord. Est-ce que c'est un outil qui est fiable et qu'on peut vraiment utiliser en pratique et qui a une fiabilité à 100% ou est-ce que non ?
Dr Jean-Marc JUVANON
Donc ça, c'est un des premiers problèmes. C'est-à-dire qu'on a l'impression, comme ça répond de façon très précise et de façon très bien présentée, on a l'impression qu'il dit toujours la vérité. Et ce n'est pas le cas. Et c'est ça, un des premiers problèmes, c'est que des études ont été faites et on considère qu'à peu près dans 30% des cas, c'est donc énorme, eh bien non, ce n'est pas fiable.
Dr. Marine VELEUR
C'est les fameuses hallucinations.
Dr Jean-Marc JUVANON
Alors il y a les hallucinations et puis éventuellement ça invente des sources. Comme le corpus peut être biaisé, parce que ça va chercher toutes ces connaissances sur internet, et sur internet il y a aussi des fake news, etc. Et donc au bout du compte, on a quand même, et ça il faut toujours l'avoir à l'esprit, à peu près 30% de réponses qui ne sont pas exactes. Et d'ailleurs c'est indiqué quand on a l'interface, quand on interroge ChatGPT pour ne pas le nommer, parce qu'on n'en a pas encore parlé, mais c'est essentiellement ChatGPT, mais il y en a d'autres. Eh bien, il est bien noté, ChatGPT peut faire des erreurs, veuillez vérifier, veuillez vérifier en gros tout ce qui est dit quoi. Et ça, et surtout en médecine bien entendu, c'est absolument fondamental.
Dr. Marine VELEUR
D'accord. Actuellement, qu'est-ce que tu utilises comme agent conversationnel intelligent ?
Dr Jean-Marc JUVANON
Alors, j'utilise un des plus connus, donc qui était le premier qui est arrivé, donc je répète, c'était en novembre 2022, ChatGPT de la société américaine OpenAI. Et puis très vite sont apparus des concurrents. Alors un des plus connus, c'est Claude, qui est une société américaine, qui est faite par des anciens de ChatGPT, qui est assez équivalent en termes de qualité, d'acuité des réponses, etc. Il y a le modèle de Google. Google a été longtemps à la traîne, mais on peut dire qu'avec leur modèle qui s'appelle Gemini, qui fonctionnent maintenant depuis plusieurs mois, ils sont vraiment arrivés à un niveau excellent. Donc, il y a ChatGPT, Claude, Gemini, et puis, il y a le modèle, ne l'oublions pas, le modèle de langage français, Mistral, le chat de Mistral, qui est vraiment dans le podium, vraiment excellent. Et puis, il y en a d'autres, en fait. Il y en a des dizaines et des dizaines, en réalité. Mais on a un peu en retrait peut-être, le modèle de Microsoft qui s'appelle Copilot. On a le modèle de Facebook Meta qui commence à arriver. Si vous regardez sur vos téléphones, enfin sur vos applis, vous verrez par exemple ChatGPT, WhatsApp, vous avez demandé à Meta AI. Donc ça, ça en fait partie. On a donc le modèle d'Apple qui avait le modèle bien connu l'agent Siri, mais qui a bien montré depuis longtemps ses limites. Et en fait, on attend toujours le modèle d'Apple. Mais on voit que dans les GAFAM, finalement, il y a vraiment Google qui reste dans le peloton de tête, et puis quand même Microsoft. Mais sinon, les challengers, c'était les premiers, c'est-à-dire OpenAI. Et puis, n'oublions pas, Perplexity, qui est un agent intelligent de recherche sur Internet qui, à mon avis, est bien meilleur que, par exemple, le moteur de recherche de Google.
Dr. Marine VELEUR
D'accord, ok. Et tu les classes en fonction des requêtes qui sont faites par jour ou tu les classes par rapport à leur puissance, leur efficacité, leur fiabilité ? Ton classement, c'est quoi en fait ?
Dr Jean-Marc JUVANON
Alors le classement, exactement. Le classement, quand je fais une recherche sur Internet, j'utilise en fait Perplexity. Perplexity avec un Y à la fin, Perplexity AI. Pourquoi ? Parce que, alors bien entendu, c'est un agent conversationnel. J'écris ma question en langage naturel et il me répond en langage naturel. Mais l'intérêt de Perplexity, c'est que les réponses sont sourcées. C'est-à-dire qu'il y a des références. Et donc il va aller chercher sur Internet les bonnes réponses, en fait.
Dr. Marine VELEUR
Tu veux dire que, par exemple, quand j'utilise ChatGPT, ce n'est pas sourcé ?
Dr Jean-Marc JUVANON
Alors, ça dépend. Au début, ce n'était pas sourcé. Maintenant, ils ont un modèle qui essaye de copier un peu ce que fait Perplexity. Mais globalement, ChatGPT travaille sur un corpus qui est déjà ancien. C'est-à-dire que le corpus actuel date d'à peu près un an. Et alors, il est renouvelé à chaque fois, puisqu'il y a de nouvelles données. Et en fait, ce n'est pas en up-to-date. Alors que Perplexity va vraiment aller chercher des réponses sur l'Internet. Voilà, exactement. Donc pour moi, Perplexity, ça permet vraiment d'avoir des réponses sourcées et en temps réel, en fait.
Dr. Marine VELEUR
Et tu ne peux pas avoir quand tu fais une demande, tu ne peux pas avoir les mêmes types de réponses en utilisant Perplexity versus ChatGPT ou est-ce qu'effectivement tu as les mêmes choses, ils ont les mêmes capacités ?
Dr Jean-Marc JUVANON
La différence entre ChatGPT et Perplexity, c'est qu'avec ChatGPT, ce qui est vraiment étonnant, c'est de pouvoir dialoguer. C'est-à-dire qu'il y a des capacités de dialogue. Vraiment, on a l'impression qu'on dialogue avec un être humain. Donc, on approfondit. Si on lui demande un renseignement sur telle ou telle maladie, on lui dit « est-ce que tu peux préciser ça ? » Ou tu lui dis « j'ai entendu dire que… » etc. Donc, il y a un vrai dialogue qui s'installe, alors que Perplexity est moins doué en dialogue. Donc, pour tout ce qui est recherche sur Internet, pour moi, c'est Perplexity.
Dr. Marine VELEUR
Perplexity, entre guillemets, de ce que je comprends, il est capable, en gros, de résumer plusieurs articles, plusieurs sites Internet et de faire un résumé clair et détaillé et répondre à ta question. Ce qui t'évite, en gros, de faire des recherches sur Google et autres de manière successive pour, au final, arriver au même résultat.
Dr Jean-Marc JUVANON
Quand on fait une recherche sur Google, qu'est-ce qui se passe ? En fait, on voit apparaître une liste de sites. La première page il y a les 20 premiers puis après il y en a des milliers, des milliers donc en fait pour avoir une réponse à sa question, à sa requête, on est obligé de lire le site en fait, de lire ce qu'il y a dans le site alors que là, non, l'agent intelligent va avoir lu toutes ces sources et va me faire une réponse synthétique bien présentée et donc ça me fait gagner un temps considérable sauf qu'il faut quand même que je vérifie même avec Perplexity il peut y avoir un certain nombre de réponses fausses. Et quant aux autres, j'ai utilisé assez peu. Claude est considéré comme très bon pour tout ce qui est analyse de texte long.
Dr. Marine VELEUR
D'accord. C'est-à-dire que tu lui transfères un PDF, un livre, quoi que ce soit, et il est capable du coup de…
Dr Jean-Marc JUVANON
C'est ça. Si j'ai un article, quel qu'il soit, qu'il soit en français, en anglais, je peux lui demander un résumé, je peux lui demander de le traduire, je peux lui demander de me sortir les points essentiels en 10 points, etc.
Dr. Marine VELEUR
Et les traductions, typiquement, sont fiables ? Par exemple, je ne sais pas, j'ai un article, je peux le traduire en n'importe quelle langue et je sais que la traduction est très profitable.
Dr Jean-Marc JUVANON
La traduction est bonne parce que là, ça n'invente rien. A priori, c'est un vrai outil de traduction. Et quant aux autres, alors le chat qui est bien, mais bon, je trouve que les autres sont mieux. Et j'ai oublié de dire une chose, c'est que tous ces modèles ont une version payante.
Dr. Marine VELEUR
D'accord.
Dr Jean-Marc JUVANON
Et que la version payante, en général c'est 20 dollars par mois, elle est bien meilleure que la version gratuite. Et donc, c'est la raison pour laquelle aussi je suis relativement resté fidèle à ChatGPT, c'est que je paye l'abonnement payant en fait 20 dollars. Mais voilà, mes deux choix, c'est ça, ChatGPT et Perplexity en gros. Et enfin, chaque modèle a sa version recherche approfondie. C'est-à-dire que si je demande une recherche approfondie sur un sujet particulier à ChatGPT, alors là, pour le coup, il va chercher des sources, il va me donner un truc qui peut…
Dr. Marine VELEUR
Il les cite, ses ressources, à la fin de la recherche ? On peut accéder, vérifier ?
Dr Jean-Marc JUVANON
On peut les vérifier et je peux demander un truc presque académique en 2, 3, 4 pages. Et donc c'est vraiment de très très bons niveaux. Souvent, ça demande beaucoup plus de temps. Une requête sur ChatGPT, en général, il répond en 5, 6 secondes. Donc déjà, c'est fabuleux. Mais si je fais une recherche approfondie, là vraiment, ça peut demander plusieurs minutes. Mais à la fin, sur un sujet très précis, je vais avoir une réponse de niveau académique, fiable, parce qu'il y a toutes les sources. Et donc, c'est un outil qui, notamment en médecine, est vraiment…
Dr. Marine VELEUR
J'avais vu que des requêtes pouvaient durer jusqu'à plusieurs dizaines de minutes, c'était très long. Et l'impact énergétique dans tout ça, de ces moteurs de recherche, de ces agents conversationnels intelligents ?
Dr Jean-Marc JUVANON
Alors, l'impact énergétique, c'est vrai, et on ne va pas se voiler la face, il est très important parce que ce n'est pas du tout la même chose que d'aller citer quelques dizaines de sites qui sont déjà classés, et puis construire une réponse intelligente. Ça, ça demande beaucoup plus de ressources machines. Il faut que ça aille chercher dans le corpus, etc. Bref, et donc on considère que oui, bon, les chiffres sont variables. On peut dire qu'une requête de ChatGPT vraiment très précise va consommer peut-être 100 fois plus d'énergie qu'une requête Google. Et c'est vrai. Donc, il dit dépense énergétique, mais également dépense en eau, parce que tous ces serveurs qui fonctionnent en permanence, ça consomme beaucoup d'électricité, donc ça chauffe, il faut de l'eau. Donc, c'est vrai indéniablement qu'il y a un coût énergétique qui est très important. C'est pour ça aussi qu'il ne faut pas utiliser tous ces outils pour n'importe quoi. Si on fait par exemple une simple traduction d'un mot, DeepL le fait très bien. C'est vraiment énergivore pour un intérêt. Pour un outil très simple, on va l'avoir sur un outil de traduction automatique ou même Google, ce ne sera pas du tout le même coût énergétique. Donc il faut réserver les requêtes à quelque chose de vraiment, on attend une réponse académique très ciblée, très précise.
Dr. Marine VELEUR
D'accord. Est-ce que tous ces agents conversationnels intelligents ont le même impact énergétique ? Ou est-ce que c'est variable ?
Dr Jean-Marc JUVANON
Alors, globalement, les modèles actuellement américains ont tous à peu près le même coût énergétique. En revanche, il y a des modèles chinois qui sont apparus il y a 3-4 mois, qui s'appellent DeepSeek ou autres, qui prétendent être beaucoup moins énergivores. On considère qu'une requête sur DeepSeek consomme 90% de ressources énergétiques en moins que ChatGPT. Donc si on veut être écologique, il faudrait plutôt utiliser ces modèles-là, essentiellement chinois, que les autres. Les concurrents essayent d'ailleurs de copier maintenant. Mais après, c'est presque politique. Est-ce qu'on va utiliser un modèle chinois ? C'est autre chose.
Dr. Marine VELEUR
Et ça, c'est dû parce qu'ils ont des cartes graphiques qui sont très importantes et qui, du coup, consomment beaucoup, alors que DeepSeek a des cartes graphiques beaucoup moindres et qui, du coup, fait que…
Dr Jean-Marc JUVANON
Honnêtement, sur le plan technique, je ne sais pas. Je crois que c'est plutôt dans l'architecture du modèle lui-même qu'ils ont optimisé au maximum.
Dr. Marine VELEUR
Et qui rend, du coup, cette ACI beaucoup moins chronophage.
Dr Jean-Marc JUVANON
Et c'est l'avenir. C'est vrai que quand on voit la dépense énergétique de tous ces serveurs, oui, c'est vrai que c'est conséquent.
Dr. Marine VELEUR
Et Jean-Marc, en termes de confidentialité, est-ce qu'on est inquiet ? Est-ce que nos données partent quelque part ? Est-ce que nos conversations sont enregistrées ? Comment ça se…
Dr Jean-Marc JUVANON
Alors, effectivement, et c'est vraiment important en médecine, parce que si on pose des questions médicales à propos de cas réels, ce qu'on fait, en fait, très souvent, ces données sont… Alors, il y a tout term of use qui sont décrits par toutes ces sociétés, il est clair qu'ils vont absorber et alimenter leur modèle de tout ce qu'on leur dit. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'à aucun moment, on ne doit donner des noms. Toutes nos données médicales doivent être anonymisées.
Dr. Marine VELEUR
D'accord.
Dr Jean-Marc JUVANON
Avec un petit bémol, si on peut dire. C'est qu'on peut, par exemple, faire un chat éphémère, c'est-à-dire qu'il y a la possibilité de dire, voilà, ce chat va être éphémère, ne l'enregistrait pas et personne ne saura ce qui s'est dit. Ça, c'est la première chose. Et ensuite, dans les paramètres des applications, on peut refuser que les conversations soient intégrées dans le corpus de ces modèles. Mais il faut vraiment une démarche volontaire pour dire qu'on ne le veut pas.
Dr. Marine VELEUR
D'accord. Et ça, c'est valable pour toutes les ACI et même pour les recherches approfondies ?
Dr Jean-Marc JUVANON
Pour tout. Donc, on a la possibilité de refuser qu'ils utilisent nos données, enfin nos conversations, mais c'est une démarche volontaire. Par défaut, ils l'utilisent. Voilà.
Dr. Marine VELEUR
Ok. Et du coup, le sujet, c'était l'intelligence artificielle. Est-ce qu'elle est utilisée uniquement pour ces agents conversationnels intelligents ou est-ce qu'il y a d'autres implications ?
Dr Jean-Marc JUVANON
L'intelligence artificielle en médecine ? Ah oui, bien sûr, c'est très vaste. Ne serait-ce que, par exemple, je vais donner un exemple qui nous intéresse en ORL. On peut faire maintenant de l'audiométrie totalement automatisée. On a un système qui met le patient devant une console, un casque sur les oreilles. Et il va répondre selon ce qu'il entend. Et ce système est même capable de faire des audiométries automatisées, des audiométries dans le bruit. Et à la fin, on a des réponses qui sont tout à fait analysables en pratique. Et là, il n'y a pas eu besoin d'intervention humaine. Mais des exemples comme ça, il y en a des milliers et des milliers, bien sûr.
Dr. Marine VELEUR
D'accord.
Dr Jean-Marc JUVANON
Voilà. Alors, maintenant, en quoi je l'utilise ? Plusieurs choses. Quand je suis amené à être confronté à un cas médical un peu compliqué, souvent c'est des cas un peu borderline, c'est-à-dire des gens qui, par exemple, ont des vertiges, ça peut être horaire, ça peut être neurologique, etc. Dans ce cas-là, c'est là où je vais l'utiliser et je vais bien décrire tout l'historique du patient, ses symptômes, etc. Et à la fin, je vais lui demander qu'est-ce que tu en penses, quels sont les diagnostics différentiels et quelles sont les solutions thérapeutiques. Souvent, j'ai des réponses auxquelles je n'aurais pas pensé. Donc, c'est très exhaustif. Donc, ça me donne des idées. Et je vais évidemment vérifier si c'est vrai ou pas. Mais j'ai un éventail beaucoup plus large, finalement. Et je peux aussi scanner un dossier de patient et lui envoyer le fichier PDF. Et je lui dis, voilà l'historique de ce patient. Je voulais juste faire une petite démonstration de ce que c'est qu'un agent conversationnel intelligent en mode vocal. Vous allez voir, c'est quand même assez bluffant.
IA Voice
Bonjour, je vois que tout fonctionne bien, je t'entends parfaitement. Si tu as la moindre question…
Dr Jean-Marc JUVANON
Oui, alors justement, j'ai une question. Je suis chirurgien ORL, comme tu le sais, je te l'ai déjà expliqué. Et hier, j'ai opéré une patiente, une otospongiose. Et ce matin, au réveil, elle me dit qu'elle n'entend plus rien du tout de l'oreille opérée. Donc je sais que c'est une complication qui est très rare, mais enfin qui peut survenir. Et donc là, je suis très embêté parce que mes correspondants habituels sont tous en vacances. Je suis vraiment tout seul. Et je voudrais que tu m'aides à prendre en charge cette patiente, me dire ce qu'il faut faire. Aide-moi s'il te plaît, je suis à ton écoute.
IA Voice
Je comprends que ce soit stressant, une surdité soudaine après une chirurgie de l'otospongiose. Ça peut arriver, même si c'est rare. En général, ce qu'on recommande, c'est de vérifier rapidement avec une imagerie, comme une IRM, pour s'assurer qu'il n'y a pas de complications mécaniques ou autres. Souvent, on met en place un traitement à base de corticoïdes.
Dr Jean-Marc JUVANON
OK, alors attends, excuse-moi. Est-ce que tu penses qu'il faut que je réopère en urgence ?
IA Voice
Pas forcément tout de suite. En général, on privilégie d'abord un traitement médical, comme les corticoïdes.
Dr Jean-Marc JUVANON
OK, merci. Voilà, on va arrêter cette conversation parce qu'en fait, c'était un test. Donc, vous voyez là, tu vois Marine, comment je viens d'interroger avec le mode vocal avancé, comme on dit. Donc, la machine m'a parfaitement compris, me répond. Donc, je n'ai pas été obligé de taper quoi que ce soit. Ça va beaucoup plus vite, et va commencer à m'aider. Elle va se baser sur son corpus et va me donner des conseils, que je vais suivre ou pas. Mais enfin, je considère que là, c'est un compagnon, c'est un assistant qui peut me sortir de certaines situations compliquées.
Dr. Marine VELEUR
Oui, mais typiquement, l'exemple que tu donnes, je présume que les ORL, quand ils opèrent une otospongiose, sont au fait de la conduite à tenir en cas de surdité brutale après une intervention. Donc ça, c'est un cas, et en plus, est-ce que tu peux, du coup, tu disais toi-même, ces agents conversationnels intelligents, ils ne sont pas fiables à 100%, du coup, est-ce que tu prends le risque ? Mais est-ce que ça peut avoir un intérêt dans des cas un peu difficiles où, effectivement, t'as du mal à trouver un diagnostic, est-ce que le chat GPT a son intérêt ? Est-ce que c'est là où tout est son intérêt ?
Dr Jean-Marc JUVANON
En l'occurrence, il se trouve que par chance, je n'ai jamais été confronté à une surdité post-opératoire immédiate. Donc, bien sûr, je peux ouvrir mes livres, etc. Mais mes connaissances ne sont plus up-to-date. Donc, je suis content d'avoir quand même un agent qui va me parler de ce qui se fait actuellement.
Dr. Marine VELEUR
Parce qu'ils sont à jour.
Dr Jean-Marc JUVANON
Ils sont à jour. Et ils ont accès à PubMed puisque PubMed est en accès libre. Donc les sources elles sont immenses. Dans ce cas présent, c'est vrai qu'en théorie, si je fais de l'otospongiose, je devrais être capable de répondre à la question. Mais comme n'ayant jamais été confronté à ce problème, je suis content quand même de discuter en temps réel avec ce que je considère comme un expert. Finalement, ça devient un expert. Et si je n'ai pas mon correspondant habituel qui fait beaucoup plus d'otospongiose que moi, je suis content d'avoir cet avis d'expert. Mais sinon, l'intérêt, c'est surtout quand on est confronté à des pathologies qui sont un peu transversales par rapport à l'ORL. Là, je ne suis pas up-to-date en neurologie, en allergologie, en infectiologie, etc. Donc, je suis content d'avoir un avis d'expert qui couvre toute la médecine.
Dr. Marine VELEUR
Est-ce qu'il existe des ACI vraiment spécifiques médecine ?
Dr Jean-Marc JUVANON
Alors, ça existe. Mais finalement, il y en a plusieurs, il y en a qui sont américains, français je ne pense pas, mais ils sont toujours un peu limités. Et finalement, pratiquement ChatGPT ou les autres sont toujours meilleurs parce qu'ils couvrent bien plus de données, beaucoup plus de données. Et paradoxalement, les agents purement médicaux sont moins bons, moins exhaustifs.
Dr. Marine VELEUR
D'accord. Il y a eu des études qui ont comparé l'intelligence artificielle versus les médecins ?
Dr Jean-Marc JUVANON
Ah oui. Alors bon, il y en a une qui était parue dans JAMA Network, il y a quelques mois, qui a comparé sur un cas clinique bien défini, les réponses de médecins, les réponses de médecins faisant appel à un modèle de langage intelligent, et le modèle de langage intelligent seul. Eh bien, paradoxalement, les meilleures réponses… Alors, le modèle intelligent est meilleur que le médecin, mais il est aussi meilleur que le médecin qui utilise le modèle intelligent. En gros, le médecin va polluer un petit peu la réponse du modèle intelligent. C'est triste à dire, mais c'est comme ça.
Dr. Marine VELEUR
Sur un type de pathologie.
Dr Jean-Marc JUVANON
Voilà, mais ça fait quand même réfléchir. Et j'ai été récemment confronté à un cas personnel de quelqu'un qui avait une petite tumeur de l'aile du nez. J'ai montré la photo à ChatGPT qui m'a… Je lui ai demandé, parce que ça peut faire ça. On envoie la photo, ça l'analyse, etc. Il dit, qu'est-ce que tu me conseilles comme réparation pour cette perte de substance ? C'est une perte de substance de l'aile du nez qui était assez importante. Il m'a donné une réponse dont je n'ai pas tenu compte. J'ai fait appel à mon expérience et je me suis dit, bon, je n'aimais pas trop sa réponse, ça me semblait plus compliqué. Et en fait, j'ai opéré et ce que j'ai utilisé comme technique, ça n'a pas été un bon résultat. Et a posteriori, on va finir par faire, dans un troisième temps, on va essayer en tout cas ce qu'il avait proposé initialement.
Dr. Marine VELEUR
Ce qu'il avait proposé initialement.
Dr Jean-Marc JUVANON
Exactement. Donc j'ai moi-même pollué la réponse de mon agent conversationnel et, télévisant, je ne lui ai pas fait assez confiance. Voilà, c'est un exemple, un exemple quotidien presque. Donc il faut à la fois vérifier les réponses, mais il faut aussi vraiment les analyser en profondeur pour savoir s'ils ne sont pas meilleurs que les nôtres.
Dr. Marine VELEUR
D'accord. Donc pour toi, à l'avenir, ce sera vraiment un vrai outil du quotidien pour le médecin ?
Dr Jean-Marc JUVANON
Ah bah absolument. Ah bah oui, enfin… Donc les risques de l'utiliser, c'est quoi ? C'est d'être confronté à des erreurs. Les réponses paraissent tellement belles qu'on lui fait trop confiance. Le risque d'être dépendant, c'est-à-dire de ne plus faire soi-même l'effort de faire travailler notre cerveau et de faire trop confiance. Et bien sûr, la confidentialité. Voilà, tout ça, c'est les risques de l'utiliser.
Dr. Marine VELEUR
Jean-Marc t'évoque les risques de l'utiliser, mais quels sont les risques à ne pas l'utiliser ? Est-ce que selon toi, il y en a ?
Dr Jean-Marc JUVANON
Absolument. On s'expose déjà peut-être à un déficit d'exhaustivité, c'est-à-dire, comme je l'expliquais, si on n'envisage pas, toujours pareil, sur des cas un peu compliqués, si on ne fait pas appel à quelque chose qui est plus exhaustif que nous, parce que je rappelle que nos connaissances, d'abord, elles ne sont pas forcément toujours à jour. Donc il n'est pas impossible qu'on nous reproche de ne pas avoir justement utilisé tout ce qui est en notre possession pour examiner un cas particulier. En fait, utiliser un modèle comme ça, ça nous permet plus d'exhaustivité. Donc, on peut nous reprocher le manque d'exhaustivité. Le deuxième risque, en fait, eh bien c'est d'être dépassé par le patient. Parce que c'est ça l'autre grande révolution, c'est que tous ces modèles sont accessibles à tout le monde, et gratuitement. Donc quelqu'un qui est affecté d'un truc un peu bizarre, il a déjà vu plusieurs médecins, etc., personne ne trouve, il fournit son dossier entier, et régulièrement, et vraiment, il y a des exemples dans les médias, ChatGPT va trouver le diagnostic, et le bon diagnostic qui sera ensuite validé par les experts. On donne un exemple connu d'un enfant qui a vu des dizaines, c'était aux États-Unis, des dizaines et des dizaines de grands spécialistes, parce qu'il y avait une pathologie, personne ne comprenait, c'était assez grave. Et puis les parents ont donc proposé le cas à ChatGPT. Le diagnostic a été trouvé, c'est une anomalie génétique très rare. Et il faut avouer que sans un modèle comme ça, on ne l'aurait peut-être jamais trouvé. Parce que là, ça balaye une quantité de données qui est au-delà de ce qu'on peut faire, humainement finalement.
Dr. Marine VELEUR
Mais tu es d'accord que pour pouvoir comprendre les termes médicaux, et puis aussi avoir un certain discernement par rapport aux examens, par rapport à leur utilité pour telle ou telle pathologie, il faut quand même avoir un certain background de médecin pour pouvoir comprendre ça.
Dr Jean-Marc JUVANON
Même pas.
Dr. Marine VELEUR
Tu penses que ça rend accessible la médecine à tous ?
Dr Jean-Marc JUVANON
Mais oui, parce que le patient, encore une fois, ce sont des modèles conversationnels. C'est-à-dire que s'il est confronté à un intermédiaire qui ne comprend pas, il va dire, ChatGPT, explique-moi ce que ça veut dire. Et explique-le-moi dans des termes simples. Et d'ailleurs, c'est un conseil qu'on donne habituellement aussi, c'est que quand on veut se faire expliquer quelque chose de très compliqué, on peut lui dire, explique-moi la mécanique quantique comme si j'étais un enfant de 10 ans. Et là, il va me donner des exemples beaucoup plus accessibles. Ces machines sont capables d'expliquer à des patients des notions médicales compliquées. Et c'est inépuisable. C'est-à-dire que si le patient passe deux heures avec le modèle pour se faire expliquer une maladie, il n'y a pas de souci. La machine lui répond jusqu'à 3h du matin s'il le faut. Il ne s'épuise jamais.
Dr. Marine VELEUR
Donc pour toi, ces ACI seraient capables de remplacer les médecins ?
Dr Jean-Marc JUVANON
Alors, aller jusque-là, peut-être pas. Mais en tout cas, dans certains cas, peut-être, certains pensent que ça peut résoudre le problème des déserts médicaux. Pas seulement en France, mais dans le monde entier. Il y a quand même des milliards d'habitants de la Terre qui n'ont pas accès à la médecine, qui n'ont pas accès aux soins médicaux de bon niveau. Et tout le monde a un téléphone, dans pratiquement tous les pays du monde, on a accès à Internet par téléphone portable. C'est quand même extrêmement démocratisé. Donc si un citoyen dans un pays très défavorisé interroge un modèle intelligent comme ça, eh bien c'est toujours mieux que de ne pas avoir d'avis du tout. Donc dans des situations où il n'y a aucun accès aux soins ni à la médecine, ça peut aider, oui, bien sûr que ça peut aider.
Dr. Marine VELEUR
Oui, mais du coup, c'est délicat. Le patient aura probablement un diagnostic sans avoir ni le médecin compétent pour le traiter, ni forcément accès aux examens paracliniques pour faire ce diagnostic. Et du coup, ça ne comblera pas le manque de personnel qualifié et surtout le manque de moyens ?
Dr Jean-Marc JUVANON
Oui, mais c'est une grande question à laquelle certains grands esprits ont déjà répondu. Quelqu'un comme Bill Gates, dit qu'en 2030, le médecin tel qu'il existe actuellement n'existera plus.
Dr. Marine VELEUR
Oui, certes, il y aura probablement une révolution dans notre quotidien de médecin, dans toutes les spécialités, j'imagine. On a tendance à penser que les chirurgiens seront peut-être moins touchés que le médical pur. Qu'est-ce que tu en penses de ça ? Toi, tu es aussi d'accord avec ça ? Que, effectivement, la médecine à proprement parler sera plus impactée par l'IA que le chirurgien, puisque, au final, c'est un acte, ça ne pourra pas être remplacé par des machines ?
Dr Jean-Marc JUVANON
Dès qu'il y a du travail manuel, de toute façon, oui, on a encore… Maintenant, effectivement, on voit arriver des robots chirurgiens. Pour l'instant, on est bien d'accord que ça ne permet pas d'opérer en toute sécurité un être humain. Mais voilà, ça arrive. C'est-à-dire même nos actes, notre activité manuelle précise, elle peut être challengée.
Dr. Marine VELEUR
Et quel est l'intérêt de remplacer l'humain, au final ?
Dr Jean-Marc JUVANON
Toujours pareil. Plus de précision, elle travaille dans n'importe quelles conditions, jour et nuit, ça ne fait pas grève, ça ne dort pas, voilà. Mais personne n'aurait imaginé, il y a encore deux ans et demi, qu'on dialoguerait avec une machine sans être absolument certain que ce n'est pas un être humain. Je reprends l'exemple de toutes ces machines autonomes. Par exemple, la voiture autonome, qui existe déjà aux États-Unis, San Francisco, Détroit, Phoenix, enfin bref. Il y a des robotaxi. On s'installe à l'arrière du taxi, il n'y a personne devant, et le taxi, on lui dit il va à tel endroit, et il y va, il se faufile dans la circulation. Et c'est Luc Julia, qui est bien connu pour travailler sur l'intelligence artificielle en France, qui prend un exemple. Il dit voilà, on a remarqué un robotaxi qui s'arrêtait tous les trois mètres. Et on s'est rendu compte que sur le trottoir à côté du taxi, il y avait un marcheur qui avait sur son épaule gauche un panneau stop. Il avait un panneau stop et il avançait normalement. Et la voiture, voyant ce panneau stop, s'arrête. Mais le marcheur lui continue. Donc la voiture repart. Et à nouveau, la machine voit qu'il y a un panneau stop, donc ça s'arrête à nouveau. Et donc, c'est normal ce comportement de la machine puisqu'elle obéit au code de la route. Il y a un panneau stop, elle s'arrête. Sauf qu'un être humain, si toi tu conduis la voiture, tu vas voir ce gars avec un panneau stop, et tu vas dire « Qu'est-ce que c'est que cette histoire ? Ça n'a pas de sens. Je ne vais pas obéir à ce panneau stop. Je vois bien que c'est un gars qui est là pour me piéger. »
Dr. Marine VELEUR
Oui, il a une capacité de réflexion humaine qu'il n'a pas.
Dr Jean-Marc JUVANON
Voilà. Et donc, l'être humain, lui, a compris ce que c'était. Alors qu'il n'a jamais été confronté à cette situation. En réalité, jamais on n'a vu quelqu'un qui se baladait avec un panneau stop sur le côté pour piéger une voiture. Mais l'être humain, lui, il a compris et il a réagi à une situation qui, en fait, n'a jamais existé. La machine, elle, elle n'a pas été capable de réagir intelligemment à une situation qui n'a jamais existé. C'est ça, finalement. Et c'est là où on voit la différence encore entre notre intelligence et une intelligence artificielle. Et donc, si on reprend l'exemple du robot chirurgien, on sait bien que quand on opère, on peut être confronté à des choses totalement inhabituelles, des anomalies anatomiques, etc. Et nous on va réagir a priori intelligemment. La machine, si elle n'a pas été confrontée déjà à cette situation là très précise, elle va s'arrêter, elle va dire stop, moi je ne sais pas ce qu'il faut faire.
Dr. Marine VELEUR
Et selon toi quel serait le vrai intérêt de ça au final, de mettre des machines partout ? Parce que tu dis toi tu parles d'être plus efficient, effectivement il n'y a pas de fatigue. Moi de ce que j'ai compris c'est que l'IA a tout son intérêt dans des tâches répétitives. Des tâches répétitives qui peuvent aussi être fastidieuses, éprouvantes, fatigantes. Et puis, c'est vrai qu'on voit l'évolution de nos sociétés, qu'on a tendance à éviter ce type de tâches et du coup à les déléguer aux machines.
Dr Jean-Marc JUVANON
Exactement. Non, on ne va pas disparaître. L'idée, c'est qu'on va être encore meilleurs. Ça va être des assistants qui vont nous permettre de faire des choses qu'on n'osait pas faire. Il faut le considérer plutôt comme des compagnons qui vont encore augmenter notre productivité, notre savoir, notre efficacité. C'est comme ça qu'il ne faut pas dire, ça va nous remplacer, et qu'est-ce qu'on va faire ? Non, ce n'est pas ça.
Dr. Marine VELEUR
D'accord. Certains pensent que ça va être ça, pour certaines tâches en tout cas, mais en tout cas en médecine, non. Pour la grande majorité, c'est plutôt des assistants.
Dr Jean-Marc JUVANON
Des assistants.
Dr. Marine VELEUR
Comme par exemple, il en existe aux États-Unis où c'est des consultations qui sont très assistées avec des paramédicaux qui sont beaucoup plus développés, par exemple, qu'en France. Mais du coup, nous, on y aurait accès aussi en France, grâce à ces ACI.
Dr Jean-Marc JUVANON
Alors voilà, c'est très intéressant ce que tu dis, parce qu'effectivement, dans notre environnement actuel, en France en tout cas, on peut souffrir un peu. On n'est pas bien aidé, il faut bien le dire. On a ces assistants médicaux, mais qui ne sont pas encore développés. Et je sais que c'est ta vision des choses. Toi, tu penses que l'IA peut nous aider dans notre exercice quotidien, pour la consultation, etc. Est-ce que tu peux nous préciser ta vision ?
Dr. Marine VELEUR
Je ne sais pas si ma vision est la bonne. En tout cas, je pense qu'effectivement, ça peut nous être très utile au quotidien et ça peut nous rendre beaucoup plus efficaces en consultation. Je pense notamment en ce qui nous concerne. Nous, on travaille dans une zone qui est complètement sous-dotée. On est dans un désert médical, que ça concerne l'ORL ou même d'autres spécialités. Et on se retrouve aussi dans un environnement où on est à l'hôpital, on est dans le public, on est face aux problèmes que l'on connaît tous, et on réfléchit à des solutions de comment on pourrait être plus efficace, comment on pourrait être plus accessible aux patients. Bien sûr, l'État a fait des choses, ils augmentent les numéros clausus, ils augmentent le nombre de médecins, etc. Mais là aujourd'hui, qu'est-ce qu'on peut faire pour améliorer les choses ? Et je pense effectivement qu'il y a plusieurs axes d'amélioration possibles.
Dr Jean-Marc JUVANON
Alors lesquels par exemple ? En pré-consultation ?
Dr. Marine VELEUR
Voilà, exactement, notamment en pré-consultation. Nous c'est difficile parce que le secrétariat ce n'est pas toujours facile et du coup effectivement on pourrait imaginer une pré-consultation avec un chatbot comme on l'a par exemple sur les sites internet Leroy Merlin où on pose des questions, voilà je cherche ça, et puis il y a un chatbot qui nous répond. Et puis ça on pourrait l'imaginer pour l'ORL. Où le patient parle de ses symptômes, de ce qu'il a, de pourquoi il veut consulter un ORL. Et du coup, le chatbot pose des questions en ce sens et fait une synthèse des symptômes. Et puis aussi, ça permettrait, par exemple, si un patient vient pour une dysphonie ou par exemple des vertiges, de remplir des scores automatiquement. Par exemple, quelqu'un qui vient pour des vertiges, on remplit le score DHI.
Dr Jean-Marc JUVANON
Ça permettrait de trier.
Dr. Marine VELEUR
Alors exactement, de trier avant la consultation. Alors bien sûr, il faut qu'il y ait des garde-fous, bien sûr, il faut que ce soit des choses qui soient validées par les pairs, etc. Mais on pourrait imaginer un secrétariat virtuel, parce qu'effectivement, là, on est vraiment dans une tâche qui est extrêmement répétitive. Et puis aussi, ce n'est pas toujours facile, même pour une secrétaire, d'évaluer le degré d'urgence médicale. Et c'est normal, ce n'est pas leur travail. Et là, il y aurait tout un intérêt d'automatiser ça. Et surtout de faire comme une sorte de pré-consultation. C'est-à-dire, on peut vraiment l'interroger, il peut même citer ses antécédents.
Dr Jean-Marc JUVANON
Donc ça, c'est la pré-consultation. Ça, c'est la pré-consultation. Et alors, pendant la consultation, tu connais le Nabla, tout ça ?
Dr. Marine VELEUR
Alors oui, effectivement, il y a un Nabla Copilote. Il y en a d'autres, il y a Doctolib aussi, j'ai vu qu'il avait lancé ça il n'y a pas longtemps. La conversation est enregistrée pendant la consultation. Et il fait un résumé structuré, et c'est des outils qui sont plutôt sympas à utiliser.
Dr Jean-Marc JUVANON
Et qui existent déjà, on est d'accord.
Dr. Marine VELEUR
Et qui existent déjà, qu'on peut utiliser, par exemple, à Fontainebleau, on a Nabla Copilote, on peut l'utiliser sans problème pour faire la rédaction de nos comptes rendus. Alors, bien sûr, sous réserve de validation, après, il faut qu'on les relise et qu'on les valide, mais c'est un gain de temps et ça évite, effectivement, de passer par le secrétariat pour les comptes rendus.
Dr Jean-Marc JUVANON
Et en plus, pardon, mais on n'est plus à être devant notre écran à taper la consultation elle-même. On revient, en fait, l'IA nous réhumanise, puisqu'on se met devant le patient.
Dr. Marine VELEUR
Alors après, il y a des gens qui rédigent leur compte-rendu à la fin des consultations, ça c'est possible. Moi, je n'ai pas suffisamment de mémoire pour réussir à faire ça. Effectivement, pendant toute ma consultation, j'ai quand même souvent le nez rivé sur mon ordinateur pour taper ce que le patient me dit. Et c'est vrai que du coup, on essaye d'être le plus précis possible. Mais c'est tout l'avantage d'avoir un agent qui va faire le compte-rendu de manière automatisée.
Dr Jean-Marc JUVANON
Oui, parce que ces agents de transcription, ça existe depuis très longtemps. Les dossiers médicaux, etc. Mais de les avoir utilisés, essayé de les avoir utilisés, j'ai souvent été déçu. Ça fait vraiment beaucoup d'erreurs parce que c'est la transcription mot-à-mot. Alors que là, c'est vraiment un agent conversationnel. C'est-à-dire que ça écoute la conversation et ça va la « comprendre ». Et ça ne va pas la retranscrire intégralement, ça va la résumer de façon intelligente.
Dr. Marine VELEUR
Du coup, on peut avoir une conversation et faire une consultation classique et à la fin avoir un compte-rendu qui nous convient et qui, bien sûr, est soumis à relecture, mais du coup, qui peut accélérer.
Dr Jean-Marc JUVANON
À la fin de la consultation, tu penses que… Donc en post-consultation, toujours pareil dans cette vision de la consultation ORL du futur, tu penses que l'IA pourra donner des hypothèses diagnostiques, des orientations thérapeutiques ?
Dr. Marine VELEUR
Je pense que comme tous les ORL, on est confronté à des pathologies assez fréquentes, surtout en ce qui nous concerne nous, on fait quand même de l'ORL beaucoup de villes aussi, on n'est pas un centre expert comme un CHU etc. où il y a vraiment un type de pathologie vraiment précise. Nous, on a quand même du tout venant.
Dr Jean-Marc JUVANON
Et alors justement, dans cette pré-consultation, tu vois d'autres outils ?
Dr. Marine VELEUR
Oui, dans la pré-consultation, le patient est interrogé sur ses symptômes. Du coup, il peut répondre à pas mal de choses. Typiquement, des scores qu'on peut faire en pré-consultation. Au lieu d'avoir un patient, par exemple, pour acouphène, on lui demande de remplir le score THI. Et au final, on attend soit la fin de la consultation, ou plus tard, pour qu'il nous le renvoie. Pareil pour tout ce qui est les antécédents, les allergies. Combien de fois j'ai eu des patients en consultation, vous avez des antécédents ? Non, aucun. Et à la fin de la consultation, ah oui, j'ai un SAOS appareillé. Ah d'accord, ça aurait été intéressant de le savoir dès le départ. Il y a des choses comme ça où le patient a le temps de préparer la consultation. En fait, c'est-à-dire qu'on arrive avec un patient qui est prêt pour la consultation. Et du coup, on se concentre uniquement sur un temps médical unique. Et ça, typiquement, les États-Unis, ils le font. Et les ophtalmologistes, ils commencent aussi à pas mal le faire. J'ai entendu parler qu'ils avaient beaucoup d'orthoptistes avec eux. Et eux, ils font tous les examens. Et l'ophtalmo, quand vous le voyez, vous le voyez uniquement pour le médical. Uniquement. Et il a tous les résultats d'examen devant lui. Et là, il vous apporte une réponse. Il vous explique qu'est-ce que la pathologie. Et du coup, on a beaucoup plus de temps à consacrer pour l'éducation des patients. C'est beaucoup plus intéressant.
Dr Jean-Marc JUVANON
Ils le ferait à leur domicile avant ?
Dr. Marine VELEUR
Exactement, ils feraient ça via une interface. Après, les choses sont à inventer. C'est quelque chose qui n'existe pas, ce dont je parle. Mais en fait, je trouve que là, ça aurait tout un intérêt. Et nous, au quotidien, par exemple, là où on est, moi, ça révolutionnerait ma consultation au quotidien. Et je sais que je serai beaucoup plus efficace dans mon travail. Et ça éviterait certaines difficultés qu'on rencontre tous les deux au quotidien. Et qui a tendance à nous fatiguer beaucoup. Et donc il y a ça dans la pré-consultation. Donc ensuite, pendant la consultation, moi c'est plutôt faire ce type de choses. Et puis aussi, ça permet de grader l'urgence. Alors ça, c'est toujours délicat aussi, parce que les patients ne peuvent pas forcément toujours très bien s'expliquer, etc. Et du coup, il faudra probablement créer des garde-fous et que le patient puisse consulter plus rapidement. Il serait tout intéressant, effectivement, de pouvoir proposer un grading d'urgence, un peu comme ils le font déjà aux urgences. Ils gradent la gravité des patients et en fonction, ils les trient et la durée de prise en charge. Donc, nous, ce serait pareil, parce qu'effectivement, on a une demande qui est extrêmement forte et on ne peut pas forcément y répondre.
Dr Jean-Marc JUVANON
Mais je pense que t'as raison.
Dr. Marine VELEUR
Elles sont vraiment dans la difficulté. Et je pense que l'IA, là, c'est des tâches répétitives. C'est le job de l'IA. Je pense que l'IA, c'est le meilleur choix. Elle a toute sa place. Donc déjà, voilà, en pré-consultation, c'est tout son intérêt. Ensuite, pendant la consultation, il y a effectivement des aides, typiquement comme tu l'as dit, Nabla Copilote ou Doctolib qui a lancé son propre outil. Et déjà aussi, ça démontre que ça reste un peu un monstre et un géant, Doctolib, mais il est capable de créer sa propre IA avec une fonctionnalité intéressante. Alors, je ne sais pas où sont les data centers, je ne sais pas quel est le modèle de leur IA et où sont stockées les données. Mais nous, on pourrait aussi créer des IA avec une souveraineté, avec des data centers en France, en utilisant les data centers qui utilisent de l'énergie plus ou moins verte. Ce sera aussi notre choix. Et puis surtout, un stockage de données uniquement français. Et du coup, ça permet aussi de protéger les données des Français et les données de santé qui sont extrêmement précieuses et sur le marché, qui se vendent.
Dr Jean-Marc JUVANON
Là, tu vois vraiment plus l'avenir vers des IA personnalisées, locales ?
Dr. Marine VELEUR
Oui, alors locales, de ce que j'ai compris, c'est que les IA locales, c'est vraiment des IA qu'on a sur notre téléphone portable ou sur notre ordinateur portable. Je pense que du coup, c'est plutôt des IA souveraines, c'est-à-dire des IA qui sont vraiment développées uniquement en France. Je pense que c'est essentiel et c'est sûr que si c'est des IA qui sont utilisées en santé, il faudra qu'elles soient validées déjà par les pairs, il faudra qu'elles soient validées par des comités éthiques, par des sociétés scientifiques, etc. Et du coup, oui, il faudra forcément à un moment que le côté où sont hébergées les données, le RGPD qui est en vigueur. En tout cas, pendant la consultation, il y a aussi d'autres outils qu'on pourra utiliser. Typiquement, les analyses automatisées de voix. Pour les dysphonies, on pourrait stocker tous les enregistrements audio et vidéo sur des serveurs. Il peut y avoir une assistance par l'IA sur des dossiers disponibles.
Dr Jean-Marc JUVANON
Donc l'enregistrement du sommeil aussi ?
Dr. Marine VELEUR
L'enregistrement du sommeil, alors j'ai vu qu'il y avait pas mal de développement là-dessus. Notamment pour les polysomnographies, parce que c'est des examens qui sont très chronophages à l'analyse, encore plus que les polygraphies ventilatoires ou les oxymétries. Ils demandent un niveau d'expertise qui est assez élevé. Mais c'est des outils qui sont en train de se développer, et c'est tout l'intérêt, effectivement, de pouvoir rendre ça accessible, c'est-à-dire ne plus avoir cette partie extrêmement chronophage et extrêmement répétitive de lire des tracés de polysomnographie. L'ordinateur peut avoir un réel intérêt dans ce type de pathologie. Et c'est pareil pour la dysphonie. Par exemple, typiquement, il y a l'échelle GRBS qu'on peut utiliser dans les dysphonies. Quand on est expert, ça se fait très facilement, mais quand on est jeune ORL comme moi, etc., ce n'est pas facile de faire ces cotations. Là, ça permet de l'automatiser, peut-être. Et du coup, de rendre ce type de suivi, ce type de pathologie accessible à l'ORL tout venant.
Dr Jean-Marc JUVANON
D'accord. Donc toi, tu vois, toi qui es jeune ORL, tu vois l'avenir de ton exercice bouleversé par l'IA ?
Dr. Marine VELEUR
Bouleversé, je ne sais pas, mais en tout cas assisté, oui, ça c'est certain. Ça ne te fait pas peur ? Non, parce que je ne pense vraiment pas qu'on sera remplacé par des machines. Mais par contre, je pense que ça peut vraiment nous aider. Déjà, je pense que les ressources énergétiques ne permettront pas ça. Ensuite, je pense que c'est là aussi, je pense qu'il faut faire les choses en bonne intelligence et qu'il faut juste être assisté. Et comme je se le disais, aux États-Unis, ils ont énormément d'assistants médicaux. En France, on ne l'a pas. Pour plein de raisons. Mais du coup, ce qui permettrait à n'importe quel praticien, et là on parle de l'ORL parce que c'est notre spécialité, mais on voit aussi que l'IA se développe dans énormément d'autres spécialités et même la médecine générale, et qu'elle a son sens. Je pense qu'il faut juste développer des outils qui vont dans le bon sens, qui vont dans l'assistance du praticien et dans une réflexion autour de sa consommation énergétique et de son réel intérêt au quotidien.
Dr Jean-Marc JUVANON
Bon, je résume. Tu vois ça plutôt comme un progrès. Et tout reste à inventer.
Dr. Marine VELEUR
Voilà, exactement, tout reste à inventer.
Dr Jean-Marc JUVANON
Parce que là, ce qu'on dit, notamment le chatbot de pré-consultation, ça va arriver assez vite, je pense. Probablement, on le voit que ça s'est développé sur tellement de choses. Maintenant, sur un site internet, il y a un chatbot automatiquement qui s'affiche. Pourquoi on ne l'imagine pas pour une consultation ? Tu as une vision optimiste et positive de tous ces outils.
Dr. Marine VELEUR
Je pense que ça rendrait le soin plus accessible à tout le monde. Après, il y a aussi la question des gens qui ne sont pas numérisés, pour qui c'est compliqué, etc. Je pense que du coup, ça permettrait aussi aux médecins de ville, etc., d'avoir accès à nous aussi. Alors, il y a déjà la télé-expertise qui existe. Donc il y a déjà des applications aussi qui permettent de rentrer en contact avec nous pour échanger, pour demander des avis, des choses comme ça. Et du coup, je ne pense pas que l'ère de « tout numérique » va créer des disparités sur l'accès aux ressources médicales.
Dr Jean-Marc JUVANON
Je voulais juste vous montrer ce que peut faire actuellement l'IA, on a vu toutes les applications en médecine, etc. Je voulais juste parler d'un outil qui s'appelle Notebook LM qui est de Google. Et en fait, vous voyez, on vient de faire un podcast qui est enregistré, il va être diffusé, etc. Et ce qui est assez rigolo, c'est que ce podcast eh bien, il peut être fait directement par l'IA, et je vais vous montrer, je l'ai fait. Donc j'ai pris le synopsis de tout ce qu'on allait dire aujourd'hui, et j'ai envoyé ce synopsis à Notebook LM, donc tout à fait accessible sur Internet, gratuit, etc. Et je lui ai demandé, fais un podcast sur ce sujet. Et le podcast, le voilà.
IA Voice
Aujourd'hui, on plonge dans un sujet fascinant, l'intelligence artificielle, plus précisément les IA conversationnelles, et leur place en médecine, plus spécifiquement en ORL.
IA Voice
Oui, bonjour. C'est vrai que ces outils type ChatGPT et autres, on en entend beaucoup parler. Mais comment est-ce qu'ils s'intègrent vraiment dans la pratique ? Mais je pense qu'il faut voir l'IA comme un sparring partner intellectuel.
Dr Jean-Marc JUVANON
Vous voyez, ça dure dix minutes. Le podcast a été généré par rapport au synopsis sur lequel on a travaillé et sur lequel on vient de développer. C'est quoi ça ? C'est un agent conversationnel intelligent qui a lu un texte, qui a compris le texte et qui a construit un dialogue en langage naturel. Vous voyez comment c'est naturel. Donc c'était pour terminer et montrer que vraiment, ces agents conversationnels intelligents portent bien leur nom, c'est-à-dire qu'ils sont conversationnels, voix humaine, humanisée quasiment, et semblent intelligents. On a vu les limites, mais on parle d'intelligence artificielle, c'est-à-dire que ça n'est pas encore à notre niveau, mais on s'en approche.
Dr. Marine VELEUR
Mais c'est effectivement intéressant d'avoir accès à ce type de choses. La prouesse technologique est énorme. L'utilité au quotidien, elle est questionnable. La consommation énergétique derrière, elle est clairement questionnable, et l'impact que ça. Néanmoins, en créant des IA adaptées à notre exercice médical, je parle vraiment pour le côté ORL, qui seraient peu énergivores, qui seraient efficaces et adaptées à notre consultation et à notre travail, et pareil, aussi, avec des serveurs français, vraiment une souveraineté, ferait de belles choses et nous serait vraiment utile au quotidien. Mais tout reste à inventer.
Dr Jean-Marc JUVANON
Bon, écoute, Marine, on arrive à la conclusion de ce podcast. J'ai été très heureux de le faire avec toi. Je te remercie de tes interventions, de tes idées. Je trouve que c'est très rassurant que ta génération n'a pas peur de l'IA, de tout ce qui va nous arriver et que tu vas l'exploiter au mieux dans ton exercice dans les prochaines années.
Dr. Marine VELEUR
En effet, Jean-Marc, c'était très agréable d'échanger sur ce sujet, même si on le fait régulièrement au quotidien. Mais en effet, c'était très enrichissant et je suis très contente d'avoir pu échanger à ce sujet avec toi.
Dr Jean-Marc JUVANON
Merci Marine.
Dr. Marine VELEUR
Merci Jean-Marc.